|
« L'Archange » est le nom du bateau de Jean Philippe.
Equipé spécifiquement pour la plongée profonde, c’est un bateau de 12 m possédant 2 moteurs de 375 cv, un groupe électrogène, un compresseur de plongée, un caisson de décompression avec sas, 2 narghilés pour l’eau chaude, l’oxygène, les communications sous marine, et un R.O.V. (Remote Operated Vehicle).
La journée du corailleur commence à 7 h sur le bateau dont le pont est encombré de bouteilles d’air , d’oxygène, de tuyaux , et d’un panier équipé d'une martelette, torche, et grosses pierres... Régnant en maître sur ce désordre plus méthodique et rigoureux qu'il n’y parait , le corailleur et son coéquipier sont prêts à appareiller.
A une heure de route du port, les sondages commencent dans des fonds de 80 à 130 mètres, et le plongeur se prépare. Quelques mots sont échangés avec le marin, mémo-technique indispensable. Désormais le bateau est entre les mains de celui ci, l’auxiliaire essentiel qui veille sur chaque plongée depuis la surface. Il s’approche lentement des repères balisant le rocher porteur. Bouteilles sanglées sur le dos, panier au cou, le corailleur est prêt. Assis sur la plage arrière, il est seul. Au signal du marin il s’immerge...
La plongée s’effectue entre 7O et 130 mètres de profondeur maximum. Jusqu'à 90 mètres, le mélange gazeux utilisé par le plongeur est l'air, au dela une adjonction d'hélium est nécessaire afin d'éviter l'effet narcotique important de l'azote à ces grandes profondeurs.
Etrange équilibriste des profondeurs : noir dessus, noir derrière... sa torche seulement lui rappellera la lumière. Au fond, la durée du travail varie entre 10 et 30 mn selon la profondeur. Le corailleur durant le temps qui lui est donné va devoir chercher le corail rouge sur les roches sondées au préalable et repérées avec le R.O.V.. Ce robot sous marin, télécommandé depuis la surface, est propulsé par 4 moteurs et équipé d'une caméra et de projecteurs. Il permet un repérage préalable des bancs de corail permettant à Jean Philippe de mieux cibler le corail à exploiter et de faire une pêche selective. Dans les grottes et les infractuosités rocheuses, il sélectionne les pieds des plus jolies branches qui nous serviront à la fabrication de bijoux en corail rouge.
La pêche s’effectue par le plongeur équipé d’un bi ou tri bouteille sur son dos, armé d’une martelette , qui lui servira à sectionner le pied des branches, et d’un panier pour la récolte, une lampe torche pour l’éclairer car à ces profondeurs, l’obscurité est importante.
Il remontera et fera son premier palier à 35 m. La décompression pour une plongée à l’air sera en moyenne de 2 heures avec prise d’oxygène durant les paliers pour en limiter la durée car l’oxygène agit comme un dissolvant des gaz en excédant dans le sang.
Les paliers de décompression commencent à 50 mètres de profondeur si le plongeur respire de l’hélium, gaz très léger qui se dissout très facilement dans les tissus et qui sera relativement long à éliminer. La décompression dans ce cas là dure de 3 à 5 heures selon le temps passé au fond et la profondeur atteinte , ce qui justifie quelquefois une désaturation en caisson de décompression.
Le plongeur n’a pas l’autonomie de gaz sur son dos pour effectuer à la fois sa plongée et ses paliers de décompression. Il sera donc dépendant de la récupération effectuée par son marin et le bateau durant les paliers profonds. C’est à ce moment là qu’il réceptionnera les narghilés d’eau chaude, d’oxygène et les communications sous- marine. |